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- ERASMUS - Lettonie, le retour EP2

Au tour des ébénistes du CFA des Métiers de Boulazac de nous donner leurs impressions au retour de leur séjour en Lettonie dans le cadre de la mobilité.

 

Commençons par Sébastien Best, professeur de pratique.
Enchanté de son séjour, Sébastien se montre agréablement surpris par un pays dans lequel la propreté et la sécurité règnent et où l’on ne se sent pas en danger, y compris dans les grandes agglomérations. Il note toutefois un accueil plus distant des gens, comparé au partage convivial de nos pays latins. D’autres différences attirent son attention.
Si les relations entre catholiques et musulmans en France sont très tendues, là-bas, les lieux de culte orthodoxes, les églises, tout ça vit bien, avec pignon sur rue. Impossible de se donner rendez-vous place de l’église car il y en a une à chaque coin de rue ! Une autre chose m’a surpris : il n’y a pas de mendiant ou de SDF. Pour venir travailler en Lettonie, en dehors de la communauté asiatique qui doit disposer d’une certaine somme pour s’installer, il faut un certificat sanitaire ; cette exigence leur permet de filtrer les entrées sur le territoire.
Vestige de l’Union Soviétique, les caméras sont partout. Tout est filmé et donc traçable y compris dans les entreprises. A l’entrée de celles-ci, des barrières et des barbelés. Quant aux conditions de travail, elles ressemblent à celles que nous avons connues en France il y a une trentaine d’années même s’il convient de relativiser car sur le plan des équipements, la Lettonie n’est nullement en retard tout au contraire. Sébastien a ainsi travaillé dans trois entreprises et en a visité deux. Quand on met une à deux deux heures pour effectuer une tache donnée, ils peuvent mettre la journée sans que cela pose le moindre problème. Tout se fait sans pression.
Par contre, j’ai été bluffé car ils sont complètement industrialisés. Il existe comme chez nous le petit artisan qui répond à la demande locale. Au niveau des techniques, ce sont les mêmes si l’on excepte l’usinage ; les formes géométriques faites chez nous à la toupie, le sont là-bas à la scie circulaire. Quant à la technique de placage, devenue tellement fastidieuse et coûteuse en France qu’elle a disparu, est toujours utilisée en Lettonie, ce qui m’a vraiment épaté.

La structure de l’entreprise artisanale Lettone est également différente.
Une TPE en Lettonie comprend pratiquement dix personnes. Le petit artisan chez lequel Sébastien a travaillé emploie sept personnes. Ce sont pour la plupart des manoeuvres qui ont pratiquement disparu du paysage artisanal français. En parallèle, les boites semi-industrielles disposent de robots à commandes numériques ultra modernes et revendent leurs produits à de grandes enseignes comme Fly, IKEA Conforama.
Dans les grosses structures, on trouve des effectifs de 80 à 100 salariés ce qui n’existe plus en France. Le petit artisan dispose de petites mains alors qu’en France, on doit tous être opérationnels et polyvalents et donc moins nombreux.
Question matière première, les Lettons exploitent leur richesse locale : résineux, chênes, bouleaux, érables et n’utilisent pas de bois exotiques. Suivant le marché européen, le contemporain reste leur marque de fabrique. Par contre, le recyclage constitue pour eux une valeur sûre. Il est effectué systématiquement grâce à des compacteurs qui fabriquent des briquettes avec les copeaux. Une partie est utilisée par chaque entreprise pour assurer son autonomie en chauffage et l’autre est revendue.
Pleinement satisfait de son séjour, Sébastien conclut : Techniquement ils sont à la pointe, mais en matière de sécurité et de conditions de travail, ce sont celles que nous connaissions il y a trente ans.

Adrien Deromas, Dimitri Caillau, Charles Pesquier et Bastien Fruquière nous ont aussi fait part de leurs impressions à leur retour de Lettonie. Accueillis dans des entreprises totalement différentes, ils ont pu noter des nuances quant aux méthodes de travail. Charley, Dimitri et Charles ont pu évoluer dans une structure très importante, dotée de machines à commandes numériques, fabriquant des meubles contemporains prêts à monter.
Quant à Bastien et Paul, ils ont travaillé dans une entreprise de 40 personnes, très bien équipée et dotée en outre d’un showroom et d’un catalogue. Elle exporte une partie de sa fabrication en Europe mais l’essentiel est commercialisé en Lettonie. Le séjour d’Adrien et de Luc s’est déroulé dans une structure plus réduite, plus proche en termes d’effectifs de nos entreprises artisanales, mais dotée d’un équipement minimal. Ils ont pu tout comme leur professeur découvrir le travail du placage, très peu utilisé en France.
Ce qui les a frappés surtout c’est qu’il n’y a pas d’équipements de sécurité. Le fait de voir les ouvriers arriver à l’usine, poser leurs chaussures pour s’équiper de claquettes style crocs les étonne encore :)


Christine Ribeyreix

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