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Jean-Jacques Weill, 37 ans de carrière au CFA des métiers.

Après 37 années consacrées à l’enseignement des maths et des sciences au CFA, Jean-Jacques Weill prend en ce début du mois de juillet une retraite bien méritée.

Un choix de vie plus qu’un choix de carrière.

Après des études de chimie et de sciences économiques, et alors que Jean-Jacques se questionne sur son avenir professionnel, il débute comme maître d'internat au lycée agricole à Périgueux. Outre la surveillance, il assure des cours de maths. Sa première séquence d’enseignement est encore intacte dans sa mémoire.

J'avais préparé durant quatre heures ce premier cours. À l'époque, le prof était sur une estrade
surélevée par rapport à la classe. Au bout d'un quart d'heure, j'avais fini et les élèves me
regardaient, attendant la suite. Alors, j'ai improvisé et j'ai inventé des exercices « en live » !
J'en ai eu des sueurs froides ! L'erreur est toujours constructive. Il me manquait surtout les
rudiments de la transmission pédagogique. J’ai compris après ça que c'est l'approche qui compte. Ce n'est pas à lui que le prof doit penser, à se faire plaisir, mais aux élèves. Il doit porter son attention sur leurs remarques, leurs attitudes, les impliquer et être à leur écoute.


Jean-Jacques est embauché au CFA en 1980. En faisant le choix réfléchi de l'enseignement,  il
refuse une carrière à la SNCF comme directeur adjoint aux grands travaux ainsi que la vie
parisienne qui va avec.

J'ai exercé en tant que prof de maths durant quinze ans, notamment avec les BP coiffure. Il
s'agissait de maths commerciales, de gestion, de comptabilité, de calculs de prix. Je disposais de
8 heures hebdomadaires par classe pour enseigner et c'était vraiment bien. Cela permettait de nouer un relationnel fort avec les apprentis. Au fil des années, je me suis appuyé sur la pédagogie
différenciée intéressante pour faire progresser chacun à son rythme.


Le labo de sciences : pas de droit à l'erreur

En 1995, M. Camélia, ancien directeur du CFA, lui propose de créer intégralement le labo de
sciences du fait de l'arrivée des sciences au référentiel des BAC pro. Il s'agit de mettre en place
tous les travaux pratiques, en chimie, électronique, acoustique, optique...
Jean-Jacques pense avoir fait le tour des maths et l'idée de repartir pour une nouvelle aventure
pédagogique lui plait bien. Il lui faudra toutefois beaucoup d'énergie pour créer le labo de A à Z.

J'y ai passé de nombreux jours et de nombreuses nuits blanches. La direction m'avait mis la
pression et je n'avais pas le droit à l'erreur. Je me souviens avoir installé à mon domicile, dans
ma salle de séjour tout le nécessaire pour scénariser les enseignements pratiques, pour valider
leur organisation en pointant les diverses contraintes. Lorsque les TP ont fait leur apparition
pour les CAP, j'ai pris une seconde couche de cheveux blancs ! En 22 ans, je ne me suis pas ennuyé car c'est une discipline en perpétuel mouvement du fait des applications  techniques,  des
évolutions  technologiques  professionnelles.  Mon seul regret reste le volume horaire de deux
heures hebdomadaires par classe, insuffisant pour nouer le même relationnel avec les jeunes que celui que j’avais avec l’enseignement des maths.


Plus de 4 500 apprentis à son actif

Jean-Jacques a vu passer plusieurs générations d'apprentis en 37 années. Parfois, des familles
entières. Dans tous les métiers. Des coiffeurs, des électriciens, des boulangers, des pâtissiers,
des charcutiers... Pour autant, il note une similitude entre tous ces apprentis, qui ne se dément
pas au fil des années et tend même à s'accentuer. Ce sont des jeunes rencontrant souvent des
difficultés familiales, ou personnelles, scolaires, parfois toutes à la fois. Cassés par un système
qui les rejette et les broie, ils se retrouvent au CFA avec un déficit d'estime et de
confiance en eux.


Ce qui me fait plaisir, c'est d'avoir permis à certains d'entre eux de se réconcilier avec la
connaissance, la culture. Les revoir adultes, mariés, pères ou mères de famille, parfois aussi chefs d'entreprise, évoquer sereinement avec eux les années CFA. Bien sûr, j'ai aussi croisé la route de classes avec lesquelles j'allais en marche arrière. Mais globalement, j'ai aussi rencontré des jeunes empreints d'une grande maturité, d'un non moins grand courage. Je pense notamment au cours de ces dernières années à Amandine, aujourd'hui prof de coiffure à Paris, à Mohammed
(article 29/5 page Facebook CFA des métiers CMAI24).

Particulièrement investi au rugby dans les années 90, Jean-Jacques s'est également occupé des
jeunes dans cette discipline. Coordonnateur des juniors au CAP à Périgueux, il a eu à cœur d’y
rassembler les meilleurs espoirs du département. Il a contribué également à la création d'un centre de formation. De nombreuses soirées et week-ends pendant quelques années, et l'envie de reprendre un peu la main sur son emploi du temps. D'autant qu'à cette même époque, il s'investit dans une autre de ses passions, la musique.

Des profs et des surveillants musiciens.

Un pari lancé à table par Pascal Dourdoigne (surveillant à l’époque), de monter un groupe de
musique pour la soirée de fin d'année, des collègues réceptifs et emballés et c'est ainsi qu'un
groupe de musique s'est créé au CFA. Dominique Courault (prof de maths retraité aujourd’hui) et
Pascal à la guitare électrique, Philippe Audebert (surveillant général à l’époque) à la basse,
Jean-Jacques à la batterie, sans oublier les chanteuses Myrtha Bazine (prof psycho-péda des BM)
Nadine Bourmier (prof de maths) ! Nul doute qu’une complicité lie à jamais les membres du groupe ; la lueur nostalgique éclairant son regard à l’évocation de ses souvenirs musicaux suffit à elle seule à donner du regret à ceux qui n’ont pas eu la chance de les voir se produire.

Je me souviens de la soirée de fin d'année sur la pelouse, les jeunes en première partie, nous en
deuxième et un final avec un groupe de hard rock dont le surveillant de l'époque faisait partie.
Une ambiance de feu. Ce fut une soirée inoubliable. J'ai encore en mémoire Nadine chantant " Je
n'ai besoin de personne en Harley Davidson". Nous avons continué quelques temps, nous entraînant tous les jeudis soirs et avons participé à d'autres soirées brochettes, barbecue. C’était le bon temps !


La retraite de Jean-Jacques sera sous le signe de .... l’apprentissage en électricité. Son fils,
qui a créé son entreprise il y a quelques années, a bien l’intention de solliciter son retraité de
père !

Il m’a déjà demandé à plusieurs reprises de lui donner un coup de main ; je l’ai aidé à tirer des
câbles, à poser des appareillages, des luminaires... mais le fait que je sois à la retraite lui
ouvre des perspectives ! De quoi bien remplir les journées !

 

Jean-Jacques Weill, 37 ans de carrière au CFA des métiers.
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