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Lucas Gutierrez, Un apprenti écrivain en devenir

Apprenti en coiffure depuis deux ans dans le salon de son père à Belvès, Lucas s’est très vite montré enthousiaste pour ce métier. Particulièrement doué pour les relations humaines, c’est un garçon mature, doté d’une réflexion inhabituelle pour un jeune adolescent, ainsi que d’une aisance dans l’expression verbale et l’écriture pour laquelle il nourrit une véritable passion. Il y consacre désormais l’essentiel de son temps libre.

Une rencontre déterminante

Dès son plus jeune âge, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture lui donne accès à un univers qu’il décrit comme extraordinaire, magique, secret qui l’enchante littéralement. En 5ème, il approfondit, affine sa connaissance de l’orthographe, de la grammaire, de la syntaxe et c’est la révélation.

J’apprenais à maîtriser la langue française grâce aux dictées que j’adorais et je trouvais cela magnifique. Je testais alors ma plume en écrivant des poèmes, des nouvelles. Mais je n’étais jamais satisfait et les brouillons finissaient invariablement à la corbeille. Je ne renonçais pas pour autant, tout en dévorant tous les livres que je pouvais.

Lors du salon du livre de Monplaisant en décembre 2015, Lucas va à la rencontre des auteurs et s’entretient plus particulièrement avec l’un d’eux, Jacques Tardieu. Il lui confie ses projets d’écriture, ses idées de romans d’aventures, de littérature imaginaire et sa difficulté à concilier ses exigences avec la finalisation d’un manuscrit.

Le lendemain, je recevais un appel de M. Tardieu. Il souhaitait me proposer ses conseils ainsi que son aide pour me permettre d’aller au bout de mon projet. Dès lors, nous nous sommes revus très régulièrement à raison d’une à trois fois par mois. Il corrigeait mes erreurs de syntaxe, et surtout me transmettait son savoir. Une amitié s’est nouée entre nous au fil des mois. C’était une expérience très enrichissante car grâce à lui, j’ai trouvé la motivation pour terminer mon manuscrit. Parfois, entre deux rendez-vous, je n’avais pas trouvé le temps ou l’inspiration pour écrire. Comme je savais que nous devions nous voir, je me boostais et j’écrivais trois à quatre pages en vue de notre rencontre.

 

Un premier livre : l’Enfant de la pénombre

Au fil des mois, Lucas conjugue son apprentissage en coiffure, ses semaines de cours au CFA et l’écriture. Chemin faisant, il trouve son style et prend confiance en lui. Les chapitres s’enchaînent jusqu’à la dernière ligne de l’« Enfant de la pénombre ».

Il s’agit d’un roman de littérature fantastique, plus particulièrement le genre fantasy. Sur fond de quête initiatique, mon héros voyage dans un monde imaginaire à la découverte de ses origines et rencontre des personnages pittoresques. Il s’adresse à un public d’adolescent et devrait paraître d’ici la fin de l’année. J’ai depuis commencé un deuxième ouvrage historico-fantastique que je destine plus particulièrement à de jeunes adultes.

Au fur et à mesure que l’élève devient autonome, le maître s’éloigne progressivement. Désormais, Lucas rencontre moins souvent son mentor et écrit tout seul plutôt le soir ou la nuit. La musique de Jean-Michel Jarre ou celle de Björk libère sa créativité, son inspiration, et l’écriture de Lucas vibre alors à l’unisson des battements de son cœur.

Quand je suis devant ma page blanche et que les mots ne viennent pas, je n’ai qu’à mettre la musique et tout devient limpide.

 

Partagé entre deux siècles

Coiffeur la journée, écrivain le soir, ce jeune homme semble échappé d’un autre siècle. Peu attiré par les nouvelles technologies, il porte en outre un regard distancié sur l’hypermédiatisation et essaie de se fondre dans un monde qui n’est pas vraiment le sien.

Je regrette amèrement de ne pas être né au XIXe. Le siècle des grandes découvertes, des grands auteurs ; j’admire passionnément Rimbaud et Jules Verne, le pionnier de la science-fiction. Je ne regarde pas la télévision et je déteste les médias qui, je trouve, alimentent les peurs. Je tente le plus possible de réfléchir par moi-même. C’est important car ainsi on est davantage maître de soi-même. Être un mouton, suivre le mouvement, c’est une façon de vivre parce qu’il le faut mais sans vivre vraiment. Ma vie ne tourne pas autour de la société. J’ai conscience que

l’univers est infini et que j’ai la chance d’interagir avec d’autres êtres vivants, avec la nature. La philosophie bouddhiste, auprès de laquelle j’ai trouvé refuge, m’accompagne dans ma quête et mon cheminement.

 

Rédaction : Christine Ribeyreix

Crédit photo :   ©bernard MALHACHE

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