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Natacha Petit, médaillée d’argent au concours du Meilleur(e) Apprenti(e) de France de coiffure (départemental(e))

Depuis l’âge de cinq ans, Natacha a toujours voulu être coiffeuse. Mais à la fin du collège, elle ne se sent pas suffisamment mature pour intégrer le monde du travail et décide, en accord avec ses parents, d’aller jusqu’au BAC STMG. Dès l’obtention du précieux sésame, elle se met en quête d’un employeur.

Une obstination payante

Neuf mois lui seront nécessaires pour finaliser son projet. Natacha ne veut pas perdre de temps, aussi dès le mois de janvier de l’année du BAC, elle commence ses recherches. Toutes ses vacances sont mises à profit. Elle comprend vite qu’il lui faudra être tenace, volontaire, car si certains employeurs lui réservent un bon accueil, d’autres en revanche se montrent plus revêches. On lui reproche notamment de dénigrer le CAP en ayant préparé un BAC.

Si j’ai voulu avoir le BAC, c’est pour gagner en maturité, mais pas seulement. La vie professionnelle n’étant jamais un long fleuve tranquille, je voulais pouvoir faire face aux aléas éventuels, allergies aux produits, accident du travail, et ainsi me réorienter plus facilement.

Ces refus ne la découragent pas et elle insiste. Sa ténacité lui permet de faire d’autres rencontres et notamment de s’entretenir avec des employeurs qui la conforteront dans son choix.

À la fin des vacances de Pâques, j’ai appris que je pouvais faire des stages de coiffure durant les vacances scolaires. Il s’agissait d’une convention pour une durée d’un à sept jours. J’ai également participé au job dating organisé par le CFA de Boulazac. C’est à cette occasion que j’ai rencontré ma patronne. Du fait de mon âge (18 ans), elle a un peu hésité mais m’a proposé de faire un essai.

Essai réussi et concluant. Sa disponibilité, le bon contact qu’elle a eu avec la clientèle, lui valent d’être rappelée par Catherine Narezzy, coiffeuse à Thenon, qui veut l’embaucher.

Natacha commence son apprentissage en septembre 2015.

C’est pour moi une très belle expérience. J’ai la chance d’avoir une patronne formidable. J’aime sa diplomatie, sa pédagogie. Son côté « cool » mais dans le bon sens. Elle me laisse le temps de m’adapter, de prendre confiance en moi. Elle m’aide sans me mettre la pression, même si parfois ça doit la démanger ! Elle prend soin de moi et se montre attentive.

Si le métier de coiffeur est parfois difficile, rien ne rebute Natacha qui aime toutes les tâches qu’elle effectue, même si elle reconnaît que la position debout, les bras levés, le bruit ambiant (radio, sèchecheveux, conversations...) peuvent être parfois pénibles.

En janvier 2017, elle s’inscrit afin de préparer les MAF départementales et régionales. Commence alors une période chargée en stress et en pression.

 

Un concours pour se faire des cheveux blancs J

A partir du mois de janvier, Natacha s’investit à fond dans la préparation du concours : réalisation d’une mise en plis technique et artistique sur tête malléable, effet couleur avec coupe et coiffage, et une coiffure de gala sont les épreuves du millésime 2017.

J’avoue que je me suis mis une pression de malade. Tout mon entourage peut en témoigner ! Je m’entraînais tous les soirs, parfois pendant la journée au salon, les week-ends. Avant de commencer mes entraînements, je suis allée à Anglet rencontrer une prof de coiffure, Mme Cazenave, que l’on m’avait conseillée car elle gérait le MAF, pour qu’elle m’aide notamment sur la mise en plis artistique. Elle a accepté un samedi matin d’ouvrir l’école (Ecole Jorlis) et m’a donné un cours particulier intensif. J’ai pu trouver de l’aide aussi auprès de Liliane Escat. Cela m’a permis d’agrémenter et d’améliorer ce que j’avais prévu de faire.

A la pression liée à tout concours, Natacha va devoir affronter la hantise de tous les coiffeurs avant un examen : le modèle qui renonce. Le modèle coupe-coiffage de Natacha va en effet lui faire faux bon deux mois avant.

Changement radical le temps de se retourner ; donc c’est ma collègue qui s’est sacrifiée ! Pour le chignon, j’ai demandé à Julien Vogel (Apprenti en Brevet de Maîtrise au CFA de Boulazac) de me donner des conseils. Il est venu chez moi pour m’aider. Mais quand j’ai vu qu’une de mes camarades faisait le même chignon que moi, j’ai dû changer. Et là, j’ai appelé ma patronne au secours. Pendant le mois précédent l’épreuve, j’ai coiffé presque tous les jours mon modèle.

On l’a compris, Natacha a pris très au sérieux ce concours et n’a compté ni ses heures, ni son investissement. Loin d’être un amusement, elle l’a pris comme un challenge et ne sait pas aujourd’hui encore comment elle aurait réagi si elle n’avait pas réussi.

Cela faisait trois ans que je voulais y participer. Je m’étais renseignée et j’avais prévenu mes parents que je le ferai. Et c’était pour gagner. Je ne voulais pas faire tous ces sacrifices, y compris financiers car ça coûte très cher, (les têtes malléables, les produits), même si mes patronnes ont été gentilles et m’ont souvent dépannée. Je m’étais mis la pression et à un moment je me suis dit que je n’aurais pas de médaille car il y avait du très haut niveau. Je ne voulais décevoir personne et surtout pas moi. Je suis passée par trois phases : la première, je vais tout déchirer ; la deuxième, je suis nulle, je n’y arriverai pas et la troisième phase où je commence à remonter la pente. A raisonner et à me dire : « avec tout le travail que tu as fourni, tu peux y arriver ».

 

Apprendre à se connaître

Ce concours m’a appris à me connaître. J’étais consciente que ce serait un challenge émotionnel. Je savais avec mon expérience du BAC, que je serais capable de gérer le surcroit de travail. C’était juste mon stress à canaliser. Cela n’a pas été facile pour mon copain, mes parents. J’ai parfois songé à faire du foot avec ma tête malléable ! Mme Cazenave, que j’avais rencontrée à Anglet, m’avait prévenue :

« Tu vas avoir des moments où tu vas avancer, puis reculer, c’est normal, tu ne renonces pas et tu n’abandonnes jamais. Tu souffles un bon coup et tu repars. »

Autour de Natacha, on s’est mobilisé pour qu’elle soit comme les sportifs, dans des conditions optimales : Reiki, massages, homéopathie, rien n’a été négligé. Le jour du concours, le stress s’est envolé. Le travail, l’entraînement, l’investissement et le savoir-faire ont payé. Natacha a gagné la médaille d’argent des MAF départementales. Ce concours sera-t-il le premier d’une longue série ?

Je me suis privée de sorties, de plaisirs, donc je vais d’abord rattraper le temps perdu. Pour le moment, je compte privilégier le Brevet Professionnel (BP) que je préparerai à la rentrée prochaine. Mais s’il y a un concours que j’aimerais disputer, ce serait probablement les MOF.

Interview : Christine Ribeyreix

Natacha Petit, médaillée d’argent au concours du Meilleur(e) Apprenti(e) de France de coiffure (départemental(e))
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