CFA DES METIERS Dordogne
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[itw PORTRAITS D'APPRENTIS ] Père et fils, même ambition

 

Maxime et David préparent dans la même classe au CFA des Métiers à Boulazac, un CAP de mécanique automobile pour le premier et parcs et jardins pour le second. Rien de singulier... Et pourtant, la particularité de leur parcours tient à ce que le second est le père du premier… Un cas pour le moins atypique qui ne s’est à ce jour jamais produit au CFA.

Écureuil Déchaîné : Quand ton père t’a annoncé son projet de reconversion, quelle a été ta réaction ?

Maxime : Je n’étais pas vraiment étonné. Je sais qu’il a toujours été passionné par la mécanique ; on en fait du reste souvent ensemble.

ED : Et quand tu as su qu’il allait préparer un CAP ?

M : Là quand même ça m’a un peu surpris. Je savais qu’il n’était pas très motivé pour une reprise d’études. Mais il a compris qu’il pouvait de cette façon trouver du travail et avoir un avenir.

ED : Le fait qu’il soit dans ta classe ne t’embête pas ?

M : Non, ça va. Ça fait tout de même un peu bizarre.

ED : Comment ça se passe pendant les cours ?

: En maths, on est à côté mais pas dans les autres matières.

ED : Quelle a été la réaction des autres apprentis de ta classe ?

M : Ça s’est fait petit à petit. Il n’y a pas eu vraiment de comportements différents. Même si ça peut paraître curieux.

ED : Et toi, ton comportement a changé ?

M : Disons que je me faisais peut-être un peu oublier, et je me retenais du fait qu’il était là ! Mais bon, il s’intègre bien et fait rigoler la classe de temps en temps.

ED : Quels sont tes projets après ton CAP ?

M : Je veux préparer soit un BAP Pro, soit une mention complémentaire. Pourquoi pas reprendre une affaire avec mon père.

ED : Dans l’idéal, si tu avais un rêve à réaliser, quel serait-il ?

M : Sans hésiter, j’aimerais restaurer des voitures anciennes.

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ED : David, qu’est-ce qui vous a poussé à 40 ans, à entreprendre un CAP ?

David : L’automobile et la mécanique ont toujours été une passion. Mais ma famille ne voulait pas que je sois mécano. Je devais être électricien comme mon oncle afin de reprendre l’entreprise familiale. J’ai donc préparé un BEP électrotechnique que je n’ai pas passé car j’en ai eu marre. J’ai alors enchaîné des petits boulots. J’ai eu par la suite l’opportunité de passer un permis poids-lourds et j’ai pu ainsi devenir conducteur routier durant 18 ans. Conduire à l’international m’a donné l’occasion de voyager. Je n’ai jamais manqué de travail mais comme je ne faisais pas vraiment ce que je voulais faire, j’ai eu la bougeotte… J’ai donc changé souvent.

ED : Pourquoi, alors que vous aviez un métier en main dans un secteur dans lequel il y avait de la demande, repartir à zéro et revenir préparer un diplôme ?

D : Ça me trottait dans la tête depuis longtemps. Difficile toutefois d’expliquer à Pôle emploi que vous voulez changer de voie alors que vous avez un métier, en CDI, qui plus est stable. L’élément déclencheur a été mon inaptitude à exercer mon métier du fait de problèmes au dos. Cela nécessitait un reclassement et du coup mon projet de reconversion devenait d’actualité.

ED : Pourquoi aller vers la mécanique Parcs et jardins plutôt que l’automobile ?

D : Même si je suis davantage passionné par la mécanique auto, je pense que l’automobile est devenue aujourd’hui un objet de consommation comme un autre. À mon âge, cela allait être dur de faire carrière alors que je n’avais pas connu l’évolution des avancées électroniques. Et puis, je préfère travailler avec les mains dans le cambouis que posées sur une valise qui doit me dire ce que je dois faire. En motoculture, la technologie est pour le moment moins poussée ce qui me permet d’avoir un peu de recul et d’accompagner les changements technologiques.

ED : Comment avez-vous vécu le fait d’être dans la même classe que votre fils Maxime et de préparer le même diplôme ?

D : Je dois dire que c’est étrange. Par rapport à Maxime, ça ne m’a pas dérangé au contraire ; ça me fait plaisir. Du coup, je me suis dit qu’il allait devoir cravacher davantage !

ED : Et par rapport au reste de la classe ?

D : J’avais une petite appréhension par rapport aux comportements de élèves en général. Comment allais-je être perçu ? reçu ? Comment allaient-ils le prendre ? Finalement, ça se passe très bien et l’ambiance s’est détendue assez rapidement. Il faut dire que j’aime bien rire et faire rire. J’ai toujours 15 ans dans ma tête ! Ça aide !

ED : Vous arrive-t-il de projeter de continuer cette trajectoire commune avec Maxime en travaillant ensemble ?

D : C’est vrai qu’on en parle parfois mais pour le moment plus sur le ton de la rigolade. Ça serait sympa. Nos deux spécialités se complètent. Je serai content de l’aider à s’installer. L’aspect financier est important mais pour moi ce n’est pas une fin en soi. Le principal, c’est d’être heureux et de faire ce que l’on aime.

Rendez-vous au mois de juin où Maxime et David passeront ensemble leur examen. De quoi amplifier une relation père fils déjà riche et dense.

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